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Falémé : une mission pour sauver une rivière en danger

Bakel (Sénégal) – Du 3 au 7 août 2025, une mission conjointe du Centre d’Action pour le Développement et la Recherche sur l’Environnement (CADRE) et d’International Budget Partnership (IBP) Sénégal s’est rendue dans le département de Bakel. Objectif : sensibiliser, écouter et mobiliser autour d’un patrimoine naturel menacé, la Falémé, affluent frontalier stratégique entre le Sénégal et le Mali.

Une rivière vitale, mais polluée

Affluent du fleuve Sénégal, la Falémé est bien plus qu’un simple cours d’eau. Elle nourrit les terres agricoles, abrite une riche biodiversité et constitue une source d’eau pour des milliers de familles. Mais depuis plusieurs années, la rivière est victime d’un orpaillage intensif et non contrôlé, avec pour conséquence une pollution alarmante au mercure.

« Nos troupeaux boivent cette eau, nos enfants aussi, et nous voyons chaque jour la qualité se dégrader », témoigne un éleveur rencontré à Gathiary.

Une mission au cœur des villages

Durant cinq jours, la mission CADRE–IBP a sillonné les communes de Bakel, Gathiary et Sadatou. Au programme : projection d’un documentaire réalisé par Moussa Thiam, suivi de débats ouverts avec les habitants, les élus locaux, les femmes, les jeunes et les organisations de la société civile.

Ces échanges ont mis en lumière des préoccupations communes : la santé, la sécurité alimentaire, mais aussi les tensions grandissantes autour de l’accès aux ressources naturelles.

Vers un dialogue structuré

Un des acquis majeurs de la mission reste la mise en place d’un Cadre territorial de concertation, conformément au décret du 9 décembre 2021. Ce mécanisme permettra de mieux coordonner les initiatives, d’anticiper les conflits et d’impliquer davantage les communautés dans la gestion de leur environnement.L’urgence d’agir

Pour CADRE et IBP Sénégal, la mobilisation doit aller au-delà des discours. « La Falémé est une source de vie. Si nous ne réagissons pas maintenant, c’est tout un écosystème et des générations futures qui seront en danger », a rappelé un membre de la délégation.

Les participants ont insisté sur la nécessité d’un engagement de l’État, de la coopération transfrontalière avec le Mali, et d’un appui technique et financier durable pour protéger la rivière.

Un espoir collectif

Malgré les inquiétudes, l’espoir demeure. Les femmes, en particulier, se sont montrées déterminées à porter le plaidoyer pour la protection de la Falémé. « Nous vivons de cette rivière. Sans elle, nos villages ne survivront pas », a confié une responsable de groupement féminin.

En quittant Bakel, la délégation CADRE–IBP a rappelé que la sauvegarde de la Falémé n’est pas seulement une affaire locale, mais un enjeu national et régional, à la croisée de l’environnement, de l’économie et de la sécurité.

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